Parole d’entraîneur
Le sport et nos enfants, de Meknès à Kénitra
J’ai grandi à Meknès avec un ballon en plastique. J’ai entraîné des enfants à Khouribga, puis à Kénitra. Je raconte ici ce que j’ai vu du sport pour les enfants au Maroc, sur le terrain et autour.
كلمة مدرب
الرياضة وأطفالنا، من مكناس إلى القنيطرة
كبرت في مكناس وفي يدي كرة من البلاستيك. دربت الأطفال في خريبكة ثم في القنيطرة. أحكي هنا ما رأيته عن الرياضة للأطفال في المغرب، داخل الملعب وحوله.
- MeknèsL’enfance مكناسالطفولة
- KhouribgaLes premières équipes خريبكةأولى الفرق
- KénitraL’ASEK aujourd’hui القنيطرةجمعية ASEK اليوم
À Meknès, on jouait jusqu’à l’appel du maghrib
J’ai grandi à Meknès, dans un derb où tout le monde se connaissait. Derrière les maisons il y avait un terrain vague, de la terre battue avec des cailloux. Deux pierres faisaient les buts. Le ballon était en plastique et il se crevait une fois par semaine. On jouait après l’école jusqu’à l’appel à la prière du maghrib, et celui qui rentrait après se faisait gronder.
Personne ne nous entraînait. Mais il y avait Ba Driss, moul l’hanout, l’épicier du coin. Il sortait sa chaise sur le trottoir et il arbitrait de loin. Quand un grand frappait un petit, il se levait. Quand il entendait une insulte, il confisquait le ballon jusqu’au lendemain. Je ne le savais pas à l’époque, mais c’était mon premier éducateur.
Les enfants d’aujourd’hui n’ont plus ce terrain vague. On a construit des immeubles dessus. Et Ba Driss a été remplacé par un téléphone.
في مكناس كنا نلعب حتى أذان المغرب
كبرت في مكناس، في درب يعرف فيه الجميع بعضهم. خلف البيوت كانت هناك أرض خلاء، تراب وحجارة. حجران يكفيان لصنع المرمى. الكرة من البلاستيك وتنفجر مرة في الأسبوع. كنا نلعب بعد المدرسة إلى أن يؤذن المغرب، ومن يدخل بعدها يسمع كلاما في البيت.
لم يكن عندنا مدرب. لكن كان هناك با ادريس، مول الحانوت. يخرج كرسيه إلى الرصيف ويحكم من بعيد. إذا ضرب الكبير الصغير يقوم من مكانه. وإذا سمع سبابا يأخذ الكرة ولا يعيدها إلا في الغد. لم أكن أعرف ذلك وقتها، لكنه كان أول مرب لي.
أطفال اليوم لم تعد لهم تلك الأرض الخلاء، فقد بنيت فوقها العمارات. وبا ادريس أخذ مكانه الهاتف.
« Celui qui ne sait pas perdre ne joue pas demain. »
«اللي ما كيعرفش يخسر، ما يلعبش غدا.»
Ce que le sport fait grandir chez un enfant
Quand un parent m’amène son fils ou sa fille, il me parle presque toujours du corps. Il veut que l’enfant bouge, qu’il perde un peu de poids, qu’il dorme mieux. Tout cela arrive, c’est vrai. Un enfant qui s’entraîne deux fois par semaine mange mieux et s’endort plus tôt.
Ce que je vois changer en premier, c’est autre chose. L’enfant arrive à l’heure, parce que le groupe commence sans lui. Il prépare son sac la veille. Il écoute la consigne, sinon il reste sur le banc pendant l’exercice. Les mères me disent souvent que le cartable aussi est mieux rangé depuis.
À Khouribga, j’ai eu un garçon qui s’appelait Yassine. Dix ans, très timide, il ne levait jamais les yeux. Pendant deux mois il n’a pas demandé un seul ballon. Un samedi le gardien était absent et il a levé la main. Il a pris quatre buts ce jour-là. À la fin il souriait, parce que ses coéquipiers lui avaient tapé dans la main quand même. Son père m’a dit plus tard qu’il levait aussi la main en classe. La confiance en soi, chez un enfant, commence souvent comme ça.
ما الذي تنميه الرياضة في الطفل
حين يأتيني أب أو أم بابنه أو ابنته، يحدثني في الغالب عن الجسم. يريد أن يتحرك الطفل، أن ينقص وزنه قليلا، أن ينام جيدا. وهذا كله يحصل فعلا. الطفل الذي يتدرب مرتين في الأسبوع يأكل أحسن وينام أبكر.
لكن أول ما أراه يتغير شيء آخر. الطفل يصل في الوقت لأن المجموعة تبدأ بدونه. يهيئ حقيبته في الليلة السابقة. ينصت للتعليمات، وإلا بقي على الدكة طيلة التمرين. وكثيرا ما تقول لي الأمهات إن محفظة المدرسة أيضا صارت مرتبة.
في خريبكة كان عندي ولد اسمه ياسين. عمره عشر سنوات، خجول جدا، لا يرفع عينيه. مر شهران ولم يطلب الكرة مرة واحدة. في أحد أيام السبت غاب حارس المرمى فرفع يده. دخلت مرماه أربعة أهداف ذلك اليوم. وفي النهاية كان يبتسم، لأن زملاءه صافحوه رغم ذلك. قال لي أبوه بعدها إنه صار يرفع يده في القسم أيضا. الثقة في النفس عند الطفل تبدأ كثيرا بهذه الطريقة.
Sur le terrain, personne ne demande d’où tu viens
Khouribga est une ville de phosphates. Dans mes groupes j’avais le fils de l’ingénieur et le fils de l’ouvrier qui faisait les trois-huit. À l’école ils ne se parlaient pas. Ils n’habitaient pas le même quartier et ne portaient pas les mêmes chaussures. Sur le terrain ils avaient le même maillot et le même problème à régler : comment passer la défense d’en face.
À Kénitra c’est encore plus mélangé. Il y a des familles du Gharb et de la campagne autour, des familles venues de Fès ou d’Agadir, et des enfants qui rentrent de France ou d’Italie avec leurs parents et qui parlent mal la darija. J’ai eu une petite, Salma, arrivée de Lyon à onze ans. Elle comprenait tout mais elle n’osait pas parler. Au basketball, il faut crier le prénom de celle à qui on fait la passe. En trois mois elle parlait comme les autres, avec les mêmes expressions, et c’est elle qui expliquait les exercices aux nouvelles.
Le sport apprend aussi des choses de chez nous qu’on n’apprend plus ailleurs. On salue l’adulte en arrivant, on partage l’eau et les dattes à la mi-temps, on attend le plus petit. Et on serre la main de l’adversaire, même quand on vient de perdre contre le quartier d’à côté. C’est cela que j’appelle l’intégration sociale et culturelle d’un enfant. Il trouve sa place dans un groupe et il apprend les règles de la vie avec les autres.
في الملعب لا أحد يسألك من أين أتيت
خريبكة مدينة الفوسفاط. في مجموعاتي كان ابن المهندس وابن العامل الذي يشتغل بالتناوب ليلا ونهارا. في المدرسة لم يكونا يتكلمان. لا يسكنان الحي نفسه ولا يلبسان الحذاء نفسه. في الملعب كان لهما القميص نفسه والمشكل نفسه: كيف نتجاوز دفاع الفريق الآخر.
في القنيطرة الاختلاط أكبر. هناك عائلات من الغرب ومن البوادي المجاورة، وعائلات جاءت من فاس أو أكادير، وأطفال عادوا مع آبائهم من فرنسا أو إيطاليا ولا يتقنون الدارجة. كانت عندي بنت اسمها سلمى، جاءت من ليون وعمرها إحدى عشرة سنة. تفهم كل شيء لكنها لا تجرؤ على الكلام. في كرة السلة يجب أن تنادي باسم من تمرر لها الكرة. بعد ثلاثة أشهر صارت تتكلم مثل الأخريات وبالعبارات نفسها، وهي التي تشرح التمارين للجديدات.
الرياضة تعلم أيضا أشياء من تربيتنا لم نعد نتعلمها في مكان آخر. نسلم على الكبير عند الوصول، نتقاسم الماء والتمر بين الشوطين، وننتظر الأصغر. ونصافح الخصم حتى لو خسرنا للتو أمام الحي المجاور. هذا ما أسميه الاندماج الاجتماعي والثقافي للطفل. يجد مكانه وسط مجموعة ويتعلم قواعد العيش مع الآخرين.
Trois heures sans personne
ثلاث ساعات بلا أحد
Les mauvaises fréquentations commencent à 17 heures
Je vais dire les choses comme je les vois. La société marocaine a changé vite. Les deux parents travaillent, les grands-parents n’habitent plus la même maison, et le derb ne surveille plus les enfants comme avant. Pour un enfant de douze ou treize ans, le danger c’est le temps vide. L’école finit, les parents sont encore au travail, et il reste trois heures. Ces trois heures, quelqu’un va les prendre.
Au coin de la rue, à ras derb comme on dit, il y a toujours un groupe de plus grands. Ils ne sont pas tous mauvais. Mais c’est là que circule la première cigarette, puis le reste. C’est là qu’un gamin entend qu’on peut gagner de l’argent sans aller à l’école. Et aujourd’hui l’enfant n’a même plus besoin de sortir pour faire de mauvaises rencontres. Elles arrivent par le téléphone, dans sa chambre, la porte fermée.
J’ai perdu des enfants comme ça. À Khouribga, un garçon très doué, gaucher, le meilleur de son groupe. À quatorze ans il a arrêté de venir. Je suis allé voir sa mère deux fois. Il traînait avec des garçons plus âgés et il n’a pas terminé le collège. J’y pense encore.
J’en ai vu d’autres rester. Ils n’étaient pas plus sages que lui. Ils avaient entraînement le mardi et le jeudi, match le dimanche, et le soir ils étaient fatigués. Leurs amis, c’étaient leurs coéquipiers. Quand un grand du quartier les appelait, ils répondaient qu’ils avaient match. Un enfant qui a une équipe a une bonne raison de dire non.
Je ne promets à aucun parent que le sport protège de tout. Je dis seulement ce que j’ai vu pendant des années.
رفاق السوء يبدأون في الخامسة مساء
سأقول الأشياء كما أراها. المجتمع المغربي تغير بسرعة. الأب والأم يشتغلان معا، والجد والجدة لم يعودا في البيت نفسه، والدرب لم يعد يراقب الأطفال كما كان. الخطر على طفل في الثانية عشرة أو الثالثة عشرة هو الوقت الفارغ. تنتهي المدرسة والوالدان ما زالا في العمل، وتبقى ثلاث ساعات. هذه الساعات الثلاث سيأخذها أحد.
في راس الدرب توجد دائما مجموعة من الأكبر سنا. ليسوا كلهم سيئين. لكن هناك تدور أول سيجارة ثم ما بعدها. وهناك يسمع الطفل أن المال يمكن أن يأتي بدون مدرسة. واليوم لم يعد الطفل في حاجة إلى الخروج ليلتقي برفاق السوء. يصلون إليه عبر الهاتف، في غرفته، والباب مغلق.
ضاع مني أطفال بهذه الطريقة. في خريبكة، ولد موهوب جدا، أعسر، أحسن من في مجموعته. في الرابعة عشرة توقف عن المجيء. ذهبت عند أمه مرتين. كان يتسكع مع أولاد أكبر منه ولم يكمل الإعدادي. ما زلت أفكر فيه.
ورأيت آخرين بقوا. لم يكونوا أعقل منه. كان عندهم تدريب يومي الثلاثاء والخميس ومباراة يوم الأحد، وفي المساء يكونون متعبين. أصدقاؤهم هم زملاؤهم في الفريق. وحين يناديهم أحد كبار الحي يجيبون بأن عندهم مباراة. الطفل الذي له فريق عنده سبب وجيه ليقول لا.
لا أعد أي أب أو أم بأن الرياضة تحمي من كل شيء. أقول فقط ما رأيته طيلة سنوات.
Football ou basketball pour votre enfant à Kénitra
À l’ASEK, l’Association Sportive Élite Kénitra, on entraîne les filles et les garçons de 6 à 18 ans, par groupes d’âge. Les parents me demandent souvent lequel des deux sports choisir. Voici ce que je réponds.
كرة القدم أو كرة السلة لطفلكم في القنيطرة
في جمعية ASEK الرياضية بالقنيطرة ندرب البنات والأولاد من 6 إلى 18 سنة، في مجموعات حسب السن. يسألني الآباء كثيرا أي الرياضتين يختارون. وهذا جوابي.
Football
Le football, tous les enfants marocains le connaissent déjà. Depuis le Mondial 2022 ils veulent tous être Hakimi ou Bounou. Chez nous ils découvrent que le poste qu’on leur donne compte autant que le but. Un arrière droit qui tient son couloir pendant tout un match, c’est un enfant qui a appris à tenir une responsabilité.
كرة القدم
كرة القدم يعرفها كل الأطفال المغاربة. منذ مونديال 2022 وكلهم يريدون أن يكونوا حكيمي أو بونو. عندنا يكتشفون أن المركز الذي يعطى لهم مهم مثل الهدف. الظهير الأيمن الذي يحرس جهته طيلة المباراة طفل تعلم كيف يتحمل مسؤولية.
Basketball
Le basketball est moins connu chez nous, et c’est une chance pour l’enfant. Personne n’arrive avec les habitudes de la rue, tout le monde commence au même niveau. Le terrain est petit, on touche le ballon tout le temps et on ne peut pas se cacher. Je le conseille souvent aux enfants timides, filles ou garçons.
كرة السلة
كرة السلة أقل انتشارا عندنا، وهذا في صالح الطفل. لا أحد يأتي بعادات الشارع، والجميع يبدأ من المستوى نفسه. الملعب صغير، الكرة تصل إليك في كل لحظة ولا مكان للاختباء. أنصح بها كثيرا الأطفال الخجولين، بنات وأولادا.
Si votre enfant hésite, qu’il vienne essayer. La séance d’essai est gratuite et elle ne vous engage à rien.
إذا كان طفلكم مترددا فليأت ويجرب. الحصة التجريبية مجانية ولا تلزمكم بشيء.
Je ne vous demande pas de me croire sur parole. Appelez-nous, on vous donne le jour et l’heure d’entraînement du groupe de votre enfant. Venez au Centre sociosportif Moulay El Hassan, à El Haouzia, asseyez-vous au bord du terrain et regardez comment on parle aux enfants. Si cela vous convient, votre fils ou votre fille fait une première séance gratuite, en football ou en basketball.
Un entraîneur de l’ASEK Kénitra
لا أطلب منكم أن تصدقوني بالكلام. اتصلوا بنا ونعطيكم يوم وساعة تدريب مجموعة طفلكم. تعالوا إلى المركز السوسيو رياضي مولاي الحسن بالحوزية، اجلسوا على جانب الملعب وانظروا كيف نخاطب الأطفال. إذا أعجبكم ما رأيتم، يستفيد ابنكم أو ابنتكم من حصة أولى مجانية في كرة القدم أو كرة السلة.
مدرب في جمعية ASEK بالقنيطرة
- 6 à 18 ansمن 6 إلى 18 سنة
- Filles et garçonsبنات وأولاد
- Football et basketballكرة القدم وكرة السلة
- Première séance gratuiteالحصة الأولى مجانية
Centre sociosportif Moulay El Hassan, El Haouzia, Kénitra
المركز السوسيو رياضي مولاي الحسن، الحوزية، القنيطرة